La première étape de la transmission dun message de façon confidentielle est de créer des clefs dencryption. Contrairement aux algorithmes dencryption actuellement utilisés, le système de cryptographie quantique crée ses clefs lui-même (quantum key distribution) dune manière très sécuritaire, ce dont nous discuterons.
En 1992, Charles H. Bennett publia une méthode pour réaliser la QDK (Quantum Key Distribution) appelée B92 et cest à partir de cette méthode que dautres chercheurs ont poursuivi le développement de systèmes de la QDK.
Un groupe de chercheur de Los Alamos National Laboratory , mené par Richard J. Hughes, en Californie, a récemment proposé et expérimenté un système utilisant une méthode basée sur la B92. Le processus est le suivant. Il faut dabord que lémetteur et le récepteur du message génère chacun une séquence de bits aléatoires de façon secrète et confidentielle. Pour une sécurité maximale, cela se fait avec deux systèmes dordinateurs indépendants (celui de lémetteur et celui du récepteur) qui génèrent des nombres aléatoires en digitalisant des bruits électriques. Ensuite, lémetteur communique avec le récepteur par un mode de communication publique conventionnel pour établir la procédure de comparaison quantique. Lémetteur décide ses deux polarisations non-orthogonales et en fait part au récepteur. Le récepteur choisira ensuite ces deux polarisations non-orthoganles avec la contrainte que chacune de ces deux polarisations doit être orthogonale à une des polarisations de lémetteur. Voici un exemple, si lémetteur choisit 45o et 90o , le récepteur peut alors choisir 45o et 0o . Lémetteur, tout comme le récepteur, détermine alors quelles polarisations correspondent au bit ``0`` et ``1``. Par exemple, lémetteur peut relier la polarisation 45o à un ``1`` et 90o à un ``0`` tandis que celui qui recevra le message peut choisir 45o pour ``0`` et 0o pour ``1``.
BIT |
1 |
0 |
POLARISATION POUR L'ÉMETTEUR |
45o |
90o |
| POLARISATION POUR LE RÉCEPTEUR | 0o | -45o |
Létape suivante est denvoyer la séquence de bits aléatoire (celle de lémetteur) au récepteur par communication quantique. En pratique, ca se réalise en convertissant les nombres aléatoires en voltages qui sont ensuite appliqués à des modulateurs de phase électro-optiques. Ces derniers sont en fait des semi-conducteurs employés comme laser et ils contribuent à générer les clefs rapidement. Les voltages peuvent aussi être appliqués à des mirroirs transducteurs piezo-électrique (PZT) contrôlés, ce qui donne une génération de clefs plus lente. Le récepteur ne connaît pas la séquence de bits qui lui parvient et il na pas besoin de la connaître. Celui-ci prend sa propre séquence de bits aléatoire créée auparavant et il prépare son appareil de mesure de polarisation comme si la séquence de bits qui lui est transmise était sa propre séquence, ce qui nest pas le cas. Il compare ensuite ce quil reçoit avec ce quil sattendait à recevoir. Si le bit reçu ne correspond pas à ce quil attendait, il note un échec. Si le bit correspond à celui dans sa séquence de bit, dans 50% des cas il le notera comme une réussite et les autres fois il le notera quand même comme un échec (ce qui est dû à l'effet quantique). Voici un exemple:
| Chiffre de l'émetteur | 1 |
0 |
1 |
0 |
| Polarization de l'émetteur | 45° | 90° | 45° | 90° |
| Polarization du récepteur | -45° | -45° | 0° | 0° |
| Chiffre du récepteur | 0 | 0 | 1 | 1 |
| Résultat (noté par le récepteur) | échec | échec | réussite | échec |
Dans cet exemple, on peut remarquer qu'au troisième bit transmis, l'émetteur envoit un "0" et le récepteur se prépare pour recevoir un "0". Malgré cela, le récepteur note un échec, ce qui illustre qu'on ne note pas toujours une réussite même si les bits sont pareils.
Les résultats sont enregistrés dans un fichier et transmis par connection Ethernet ( ou par un autre mode de communication public). Les deux partis garderont seulement les bits de leur séquence qui correspondent à une réussite, ce qui créera leur clefs (Quantum Key). Le message sera envoyé en utilisant ces clefs.
Lefficacité de cette méthode (en termes de bits effectifs) peut être évaluer à 25% puisque seulement 1 bit sur 4 sera retenu car il y a 50% des chances que le bit reçu ne corresponde pas au bit attendu et il y aussi 50% des chances que le bit ne soit pas retenu même sil correspondait au bit attendu. Cest cependant un bon compromis à faire pour avoir un système sécuritaire. Si quelquun tente dintercepter le message, il produira, selon les lois de la physique quantique, un taux derreur de 25% dans les clefs. Ce taux peut-être mesuré en utilisant une partie des clefs. Si le taux dépasse 25%, cest donc quil y a quelquun qui tente de mesurer le message. Cette vérification diminue un peut lefficacité du système mais encore là cest le prix à payer pour avoir la sécurité maximum.
Avec fibre optique
Le groupe de Richard J. Hughes a testé un système de communication quantique basé sur la méthode B92 avec la fibre optique.
Il ont choisi de travailler avec une longueur donde de 1.3 um puisquà cette valeur latténuation est assez basse dans la fibre optique (0.3 db par km). A cette longueur donde, il est possible de détecter les photons avec des photodiodes (avalanche photodiodes) au germanium (Ge) ou au InGaAs refroidies. La meilleure solution aurait été dutiliser des photodiodes au silicium (Si) à une longueur donde de 800 nm mais, malheureusement, à cette longueur donde latténuation est trop élevée dans la fibre optique.
Un test a été réalisé sur une distance de 24 km. Les photons ont été détectés avec une efficacité de 20%, cest-à-dire quen moyenne 20 photons sur 100 envoyés ont été reçus, et le pourcentage derreur sur les bits a été de 1.1%.
Dans lair libre
Les mêmes chercheurs que ceux mentionnés précédemment ont aussi créé un système qui utilise à peu près la même méthode de génération des clefs mais linformation voyage dans lair libre au lieu de la fibre optique. Une différence avec la fibre optique est que la longueur donde est de 772 nm puisque latténuation est basse dans latmosphère à cette longueur donde. A cette valeur, des photodiodes au silicium refroidies sont utilisées comme détecteurs. Des tests ont été réalisés sur une distance de 205 mètres et ont rapporté un pourcentage derreur sur la génération des clefs denviron 1%, ce qui sensiblement la même chose que lorsque la fibre optique est utilisée (1.1%).